La phénomène criminel………..par/le procureur- Saadbouh Saleck

May 13, 2017

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La capitale Nouakchott connaît une très forte proportion de criminalité. Elle est devenue une ville où l’influence du milieu criminogene sur la personnalité des délinquants et criminels est notoire. La recrudescence de cette criminalité se caractérise par une violence extrême.
On est doublement interpellé. D’abord en tant que membre de la société et ensuite en tant qu’acteur de la justice pénale. Il est également du rôle des autres intervenants de la chaîne pénale pour ne pas dire de l’environnement juridique et judiciaire, de tirer la sonnette d’alarme.
Face à ce constat inquiétant, un engagement résolu d’endiguer le phénomène criminel s’impose. Il s’impose pour le bien-être de notre génération et celui de notre postérité.
Il ne s’agit pas là de faire une étude de la criminologie, mais seulement en guise de rappel, faire état de quelques idées du phénomène criminel.
En dehors de toute considération idéologique, on peut admettre que c’est la violence qui caractérise principalement la dangerosité. Cette dernière selon (Millaud , 1999) est considérée comme “un état dans lequel est susceptible de commettre un acte violent”. C’est à dire un acte tourné contre la vie et l’intégrité physique d’autrui. Pour cela, on vous cite des exemples criants qui font illustration de ces violences dans la vie de la cité. Il s’agit de:
1. Les meurtriers après une tentative de vol manqué ; 2. Les meurtriers pour un partage de butin ; 3. Les meurtriers pour une modite somme de (100 UM); 4. Les meurtriers à la suite d’une dispute sur un match ou un feuilleton télévisé; 5. Les criminels qui se débarrassent d’un enfant né vivant ou mort né (infanticide) dans des fosses sceptiques ou dans un dépotoir d’ordures; 6. Les personnes qui mettent fin à leur vie de façon délibérée par suicide ; 7. Les violeurs sur mineurs sans discernement et violeurs de mineurs suivie de grossesse, vivant sous l’autorité de leur violeur ; 8. Les auteurs de violences ou de maltraitances sur les enfants et les femmes ; 9. Les auteurs de violences sur ascendant (ouqouq); 10. Les auteurs d’actes de brigandage ; 11. Les agresseurs du vol à l’arraché ou aggravé ; 12. Les auteurs de coups de feu non justifiés par la loi sur une personne; 13. Les auteurs de violences dans les établissements pénitentiaires ; 14. Les auteurs des infractions d’abus de confiance et d’escroquerie caractérisée ; 15. Les auteurs de violences, voies de fait, des insultes en circulation, dans les marchés, hôpitaux et même dans les mosquées ect….. A cela s’ajoute la récidive car la plupart de ces criminels et délinquants deviennent moins sensibles à la dissuasion de la peine. La liste n’est pas exhaustive . Il est également à noter que ces délinquants et criminels deviennent encore plus violents lorsqu’ils agissent sous l’empire de l’alcool, drogues ou produits psychotropes.
On sait qu’en philosophie, le positivisme est cette doctrine défendue par August Comte, qui préconise de fonder la connaissance sur l’expérience et sur l’observation. Il s’intéresse aussi aux connaissances scientifiques acquises qui serviraient de base à la réforme sociale et politique.
L’étude du phénomène criminel à travers la liste ci-dessus permettra de mettre l’accent sur un examen scientifique du criminel et son penchant au crime comme phénomène essentiel. Et que si par conséquence pratique, on découvre que le problème criminel tient surtout à cette catégorie de personnes trop portées au crime. Il faut alors chercher les solutions en donnant la priorité à la prévention du développement de leurs prédispositions ou dans la punition (sanction) ou dans le traitement thérapeutique de ces individus dangereux ou malades . En d’autres termes, mettre ces criminels hors état de nuire.
En outre, une politique criminelle claire et bien définie contribuera aussi à résoudre le problème du crime. Cette politique criminelle doit viser la défense sociale et la justice car il se trouve que dans notre pays, la justice ne sert pas seulement à protéger la société contre les criminels et les délinquants. Elle sert aussi à la protection du citoyen contre la puissance de l’Etat